mardi, 12 octobre 2010

Interlude lexical : la quenelle

 

Avant de pousser plus avant le rocambolesque récit de mes péripéties en sol irlandais j’aimerais faire une petite parenthèse afin de vous parler d’un terme que vous allez croiser à de nombreuses reprises dans les textes qui vont suivre et dont je ne voudrais pas que le sens vous échappe (il faut dire qu’il est particulièrement équivoque). Je veux bien sûr parler de la quenelle. Je dis bien sûr parce que si vous êtes malin vous avez lu le titre de ce post ; si ce n’est pas le cas désolé mais vous  êtes con. Eh oui c’est complètement injuste et arbitraire mais je fais ce que je veux.

Revenons-en donc à la quenelle. Ne vous fiez pas à son fort potentiel rigolo, intrinsèque à une orthographe improbable couplée à une sonorité insolite : la quenelle n’est pas votre amie.

Explications :

La quenelle est une spécialité culinaire lyonnaise.

La quenelle nature se compose obligatoirement de semoule de blé dur ou de farine, de beurre, d’œufs, de lait et/ou d’eau et d’assaisonnements.

On prépare d'abord la pâte à quenelle, appelée panade avec la farine ou la semoule et l’eau ou le lait. La panade est chauffée pour être desséchée, puis éventuellement refroidie. Avant d'être consommées, les quenelles sont préparées en sauce à la tomate, aux écrevisses ou béchamel (préparée avec une sauce aux écrevisses, aux carottes, au céleri, et au cognac, elles sont dites quenelles sauce Nantua). Elles sont souvent gratinées. Les quenelles doublent de volume lors de leur préparation.

Le texte parfaitement chiant ci-dessus est extrait de Wikipedia, qui est le premier lien sur lequel on tombe quand on tape « quenelle » dans Google (oui, je donne des noms, je suis comme ça moi, je balance).

Rien de bien méchant, me direz-vous… Et c’est bien là que vous vous trompez, puisque ce sens universellement reconnu est en réalité un trompe-l’œil, une façade grossière qui ne résiste pas longtemps au regard perçant de l’initié. Non, en vérité je vous le dis : la quenelle a une signification bien plus vile. Et quoi de mieux que quelques exemples pour l’illustrer ?

Vous marchez dans la rue, à la recherche d’un endroit où déjeuner. Un écriteau à l’entrée d’une brasserie vous vante les mérites de la « Formule à 12 euros » comprenant une entrée et un plat. Alléché par ce menu, vous entrez et passez commande. Au moment de payer vous vous apercevez que pour tout ce que vous avez choisi, il y avait un supplément (signalé par un microscopique astérisque que vous aviez pris pour une crotte de mouche). On vous facture également l’eau et le pain ; au final vous payez 16 euros. Quenelle.

Vous vous rendez à un concert gratuit. A l’entrée, on vous dit de passer au vestiaire. « Mais je veux garder ma veste ! » vous récriez-vous, sachant déjà pertinemment comment tout cela va finir. Et bien c’est pas possible, vous êtes OBLIGE de passer au vestiaire. Et c’est 5 euros. Quenelle.

Après le concert vous avez faim. Refroidi par les deux quenelles précédentes vous cherchez un petit restau sympa en vous jurant qu’on ne vous y reprendra plus, non mais sans blague. Et là PAN : autre écriteau, autre « Formule à 12 euros ». Flairant l’arnaque mais n’ayant pas trop le temps, vous vous dites que les plats de base sans supplément vous suffiront. Epluchant scrupuleusement la carte, lisant le moindre texte, chassant l’astérisque (ah non, ça c’était une crotte de mouche), vous commandez, rassuré quant à la bonne foi de cet aimable et sympathique restaurateur. Au moment de payer il regarde votre carte de crédit d’un air (faussement) désolé en disant « Ah on ne prend pas la carte en-dessous de 15 euros ! ». Il va sans dire que ce gros dégueulasse de mauvaise foi qui viole sans doute des animaux morts dans son arrière-boutique quand il n’a pas de clients ne prend pas les chèques. Il va également sans dire que vous avez lâché vos derniers restes de liquide à la brasserie de l’autre escroc syphilitique qui sert de la viande humaine et au vestiaire du proxénète d’enfants aveugles. Finalement vous payez vos 15 euros par carte et rentrez chez vous dégoûté du genre humain.

Quenelle.

Quenelle.

Et encore quenelle.

Voici donc la vraie nature de ce terme à l’acception si méconnue. En espérant vous avoir ouvert les yeux, je peux maintenant reprendre le cours de mon récit, riche en rebondissements et en quenelles en tous genres.

 

EDIT : On me fait remarquer dans mon oreillette que le terme "quenelle" ainsi utilisé provient de Dieudonné, ce que j'ignorais. Dieudonné si tu me lis je ne voulais pas te spolier de ta création!

lundi, 27 avril 2009

Yaourts natures

yaourt.jpgAujourd'hui, je vais parler d'un sujet d'actualité qui me tient particulièrement à coeur : les yaourts natures.

Mais avant toute chose, laissez-moi vous conter une bien belle histoire...

Au temps jadis, Dieu créa l'homme et se dit en le voyant : "Mais c'est de la merde!". Néanmoins, il se dit que le laisser crever de faim n'était pas très gentil, aussi créa-t-il les meumeuh qui donnent du bon lait pour faire des yaourts natures. Et l'homme en goûtant ce mets divin se dit que c'était trop d'la balle.

Quelques années plus tard, tout le monde mangeait des yaourts natures, et Dieu contemplant sa création était heureux. Mais le bonheur ne dure jamais éternellement...

Car les marchands de yaourts natures étaient avides... Ils voulaient vendre toujours plus de la précieuse manne, mais la concurrence était rude et sans pitié, telle étant l'impitoyable jungle du capitalisme. Et un jour l'impensable se produisit.

L'image même de la mère nourricière fut foulée au pied par les abjects publicitaires à la solde du Grand Pognon, qui ne reculent devant aucune bassesse pour arriver à leur fin. Aussi implacable qu'un contrôleur du fisc, aussi absurde qu'un finaliste de la Star'Ac, le jugement était tombé : les yaourts natures étaient subitement devenus trop acides!

Et les publicités de nous le démontrer à grand renfort de grimaces surjouées et d'arguments pseudo-scientifiques à base de mots compliqués finissant par "ique" et par "us".

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"Je n'arrive pas à manger ce yaourt, il est bien trop acide!"

"Qui veux un yaourt? Ah non, ça pique!"

Deux choses sont particulièrement étonnantes dans ce triste constat :

1) Cela fait quand même un sacré nombre d'années que les yaourts natures sont fabriqués et vendus par brouettes entières, et personne n'a jamais trouvé ça spécialement acide, ce qui fait de nous une bonne bande de nazes.

2) Moi si une nana me dit "Avant je mangeais des yaourts acides, et j'étais pas terrible!" (et c'est vrai, sur la photo elle est pas terrible, des cernes, les cheveux gras et un teint de goule fraîchement déterrée), j'ai un peu tendance à me foutre de sa gueule. Faut vraiement être tarte pour continuer à manger un truc que vous n'aimez pas et qui en plus vous rends moche...

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Néanmoins, il faut rendre justice à ces yaourts pas acides : la nana est bien plus jolie après, ses cernes ont disparu, et ses cheveux sont propres, c'est génial. C'est à se demander si elle se contente de le manger ou si elle s'en tartine la tronche tous les matins.

Et ce qui est bien, c'est que bien sûr les gens (berk) ont tout à fait le droit de ne pas aimer les yaourts natures (il faut bien avouer que c'est pas hyper folichon comme dessert...). Mais à l'instar du carburant pour voiture ou de la musique calamiteuse de la Star Ac', ça fait au moins une dizaine d'années que des solutions autres existent : les brassés dit "bulgares", le Jockey, et j'en passe et des meilleures...

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Alors halte à l'hypocrisie, vous aussi rejoignez le mouvement : mangez des yaourts acides, à l'ancienne et reprenez tous ce refrain :

Allons yaourts de la patri-i-e
Assumez votre aaa-ciditéééé!
Contre vous des tristes papilles
L'étendard gonflant est levééééé!

(air connu)

jeudi, 08 janvier 2009

Neige et tri sélectif

Cette semaine, il a neigé à Paris. On a tout de suite senti un vent de panique souffler sur la ville : les gens se calfeutraient chez eux, les transports étaient bondés et les rares voitures en circulation avaient leurs chaînes. Il faut dire que c'était impressionnant : au moins 0,4 cm de poudreuse, on n'avait pas vu ça depuis 1975! Comme quoi la neige rend les gens encore plus cons qu'ils ne le sont déjà...


Enfin bref je ne sais pas si vous avez remarqué (si c'est non, consultez un ophtalmo de toute urgence), mais la neige, au bout d'un moment, ça s'agglutine le long des routes en gros tas noirs et dégueulasses, ce qui me permet via une double transition pourrie

(NEIGE = HIVER = ETRENNES = ORDURES
ou
NEIGE = GROS TAS NOIRS DEGUEULASSES = ORDURES)

de passer au VRAI sujet de cette note inintéressante : le TRI SELECTIF.

Je vous rassure, je ne remettrai pas en cause le bien-fondé de cette merveille de civisme écologique, bien que ce soit sévèrement pénible à respecter (qui a la place de caser 5 poubelles différentes dans son studio? En tout cas pas moi). Non, non, total respect pour la planète, totol wispecte for ze planète pour les anglophones (je sais qu'ils sont nombreux à me lire), c'est beau la nature faut la respecter tout ça (encore que quand on voit ce qu'elle peut produire, on se pose la question, voir ci-dessous).

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Le REEL problème, c'est qu'une fois de plus les gentils responsables de com' nous prennent pour des cons (à tort ou à raison, là n'est pas la question). Je m'explique :

- Tri : action de trier -> Faire un choix, séparer d'un plus grand nombre
- Sélectif : qui opère une sélection -> Choses choisies

Vous saisissez le problème? Rien ne vous frappe? Eh oui, c'est limpide : ces deux mots veulent exactement dire la même chose!

Et tout le monde de dire :
"-Tu fais le tri sélectif, toi?
- Aaah oui moi je fais le tri sélectif paske faut trier ce qu'on trie pour que la sélection choisie soit bien triée..."

Alors POURQUOI on ne dit pas juste "trier ses déchets/ordures/déjections"? Réponse des gentils responsables de com' : "MAIS PASKE C'EST PAS SEXY, CA FAIT PAS VENDRE, CA, MISERABLE ETRON (optionnel)!"

Et oui, car l'expression "tri sélectif", tout en étant complètement débile, permet plusieurs choses :

- Il y a deux mots, et quatre syllabes en tout, il y en a donc plus. Et ça c'est mieux.

- Ca fait technique, ce qui donne la sensation au trieur de faire un truc intelligent, ce qui le rend par transfert intelligent lui-même (MOUAHAHA!)

- "Trier" est un anagramme de "Tirer", ce qui aurait vexé les associations de défense des animaux et outré les adeptes de la pudeur (bien que cela eût fait plaisir aux chasseurs et aux obsédés)

- Ca banalise le terme "sélectif" qui du coup passe beaucoup mieux dans d'autres contextes, comme par exemple "immigration sélective", qui à l'oreille a l'air plutôt sympa mais qui en fait est une belle vacherie.

Tout ça pour dire... ben rien en fait. Et je finirai par un calembour pathétique : Mettez le pied, allez trier!

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